Convoyage entre potes

Eh bien voilà, c'est fait, le premier week end à bord de Samba Lele en navigation est arrivé, il a fallut travailler dur pour que le bateau soit prêt en heure et en temps, mais avoir une date buttoir un peu tôt dans la saison, permet de se surpasser un peu.

Ce week-end commence par une soirée et une nuit à  bord pour s'amariner. Une bande de copains qui se retrouvent à bord à écouter de la musique en buvant l'apéro, jouer de la guitare et même jouer au ping pong sur la table du carré, ca se termine par une soirée plus longue que la nuit. Tous les ingrédients sont réunis pour transformer cette soirée en instant mémorable qui restera dans les esprits des protagonistes pour plusieurs années, voir toute la vie.

Le lendemain, après trop peu d'heure de sommeil nous partons dans un vent très faible de face, une mer hachée de face également, tout comme le courant d’ailleurs.

Dés les premières secondes de navigations, les coups de gueule, les coups de fatigue, les coups de mou, les coups de blues des travaux s'évaporent d'un seul coup.

Avec ses conditions, nous n'avançons pas, vitesse fond 3-4nds. Le soleil promis ne vient, le vent a beau être faible, il est glacial et fait son œuvre de sape et nous refroidi toute la journée. Les épaisseurs de vêtement augmentent au fur et à mesure de la journée, mais les corps ne se réchauffent pas. Nous avons retrouvé un peu de chaleur et une mer plus praticable à partir des Iles Saint Marcouf. Mais la soirée de la vieille a déjà agit sur certains estomacs.....

Malgré une fin de parcours à une vitesse correct 7-8 nds, nous ne pouvons pas récupérer le retard pris au début de journée et devons abandonner l'idée de dormir à Cherbourg, les courants devant défavorables pour passer le raz Barfleur. On fera escale a Barfleur. En partant de bonne heure, et en passant le raz de Barfleur un peu à contre courant il reste encore un espoir de passer le raz Blanchard et arriver à Portbail le soir.

En arrivant au port de Barfleur, un copain d'un des équipiers nous attend sur le quai et nous propose de boire une bière au chaud tout en suivant le résultat des élections. En quelques secondes, le moral des troupes est de retour.

A bord, notre maitre cook de la soirée, nous concocte un repas chaud, calorique et bienfaiteur. Les papilles se régallent, les corqs finissent de se réchauffer, la nuit promet d'être belle.

Bizarrement la soirée fut plus courte que la veille et la nuit plus longue.

Le lendemain, au réveil, les nouvelles ne sont pas top, la météo annonce plus de vent que prévu, le passage du Raz Blanchard est compromis, après avoir pris l'avis du moustachu (mon père), il faut se rendre à l'évidence, il n'est pas raisonnable de passer le raz par force vent contre courant avec des vents de 18-20nds sur un bateau pas encore prêt. Direction Cherbourg.

Au vu de l'état de la mer, et du vent sur le plan d'eau, le premier ris est préparé. On réduit la surface de la grand voile pour mieux passer le vent qui s'est levé dans la nuit.

Sortie du port, un vent de 17-20nds nous attends, le ris est le bien venu. Le bateau malgré une mer un peu formée, on avance entre 7 et 9 nds au prés bon plein  le temps de s'écarter de la cote, la remonté vers le nord se fait en mode rapide 9-11 nds sur la surface, 10-12nds sur le fond, une fois dans le raz de Barfleur, la mer se calme, à l'horizon, pareil, nous coupons donc un peu à travers chemin au portant, la ballade vers Cherbourg est calme, trop pour certains, nous larguons le ris, le bateau reprend de la vitesse.

Ce qui est le plus étonnant, c'est que la partie qui nous aura apparue comme la moins remuante sera le raz de Barfleur par 4-5bft.

En approche de Cherbourg, nous voyons au loin le Normandy Express, un Ferry rapide qui traverse la Manche en 1H30, je préviens le barreur que même si le bateau est loin, dans 5 min il sera sur nous, il faut donc le surveiller. Si la grande gueule du bord (je ne le cite pas de nom, mais il se reconnaitra en souriant) me croit, il est étonné. Sa vitesse d'approche de 35nds est impressionnante. Quelques 5 min après son apparition, il est prés de nous, la vague que fait ce bateau ne fait pas rire tout le monde, mais en approche de la rade de Cherbourg celui ci doit ralentir, passe à côté de nous en ne faisans que peu de vagues, mais suffisamment pour mettre le bazar sur le plan d'eau. La mer devient désordonnée. Le barreur du moment se fait surprendre par le courant traversier, et nous devons changer notre de 20-30° pour ne pas finir notre croisière dans la digue de la rade.

Ce changement de cap fait accélérer le bateau, ce qui nous permet de rentrer dans la rade en battant le record de vitesse du week-end : 13.4nds. Le barreur a le sourire jusqu'aux oreilles.

Amarrage au ponton, doucement mais surement selon le skipper, trop vite selon l'équipage. Le temps de retirer nos vêtements et gilet de sauvetage, nos chauffeurs arrivent. Apéro rapide, dernier repas tous ensemble à bord. Le dessert à peine terminé, il faut ranger le bateau pour ne pas être trop tard.

Nos chauffeurs nous ramènent à Portbail ou nous attend notre voiture.

Je profite de mon passage à Portbail pour faire le point avec le capitaine du port, puis dernier trajet avant la maison.

Dans la voiture, c'est le silence, car seul le chauffeur ne s'endort pas, ouf.

 

La saison commence bien.

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2 ocotbre 2018

Photos et vidéo de ma navogation à Chausey à jour.

 

Fou de bassan rouge

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