dimanche 9 août

Ce matin réveil à 4h20 pour un départ à 5h00 vers le raz de sein. Amélie veut m'accompagner ce matin pour profiter d'une petite navigation de nuit.

La remontée du chenal de nuit nécessite beaucoup d'attention car la mer est basse. Il y a différents bancs de sables et de nombreux caps différents à prendre.

Une fois en pleine mer, le vent est faible, nous progressons au moteur encore une fois. La mer est calme. Le feu de navigation avant ne fonctionne pas, voulant voir ce qu'il a je vais à l'avant et je vois les vagues d étraves qui sont phosphorescentes. Certains phytoplanctons quand ils sont agités deviennent lumineux. C'est magnifique. J'appelle Amélie pour qu'elle profite du spectacle et la remplace à la barre.
Quand je prends l'appareil photo pour immortaliser ce phénomène, il a disparu. Amélie a de la chance car c était très actif. Je retourne à l'avant remettre en fonction le feu (problème de connexion entre l ampoule et la douille). Pendant ce temps Amelie voit deux étoiles filantes.

Nous continuons notre progression vers le raz de Sein, dans cette nuit pleine de promesses. Le jour fait son apparition quand nous sommes en approche du raz de Sein. Le soleil lui attendra notre arrivée au cap mythique pour nous dévoiler ses premiers rayons. Malgré une mer plate et calme à quelques encablures du gros du raz, nous trouvons une mer croisée et difficile au plus fort du courant. Le moment difficile est bref mais intense. Chaque seconde le bateau reçoit une vague venant d'une direction différente de celle d'avant. Le bateau est ballotté dans tous les sens, le gréement, pourtant bloqué au maximum, est ébranlé à chaque vague dans un bruit sec et inquiétant.
Moins d'un demi miles plus tard, c est fini, on retrouve une mer calme et tranquille. La traversée de la baie de Douarnenez se fait avec un vent léger.
Le gennacker est envoyé mais le vent n'est pas assez fort pour arrêter le moteur. Une tête blonde est frisée fait son apparition. Ines est réveillée. Pour la navigation dans ce coin très fréquenté par les cargos, je mets en route le récepteur AIS. Ce système permet de connaitre la route des gros bateaux et de nous alerter en cas de route de collision. Le premier bateau détecté est l'Armorique un ferry. Pas de route de collision possible.
Un peu avant de passer devant la rade de Brest, nous voyons au loin un porte containers. D'après l'AIS, nous sommes en route de collision. Le bateau est loin, mais il faudra surveiller. Nous profitons du décor sur notre bateau à voile et à vapeur. L'AIS continue de confirmer la collision. Je ralentis le moteur, pour passer derrière ce cargo, et lui montrer au plus vite nos intentions. Après être passé derrire lui, nous reprenons notre route vers l'entrée du Four.

Le passage de la pointe saint Mathieu signife l'entrée du chenal du Four. La mer et calme, et nous avons les courants avec nous encore quelques heures. Face en Conquet, le vent se renforce légérement et nous pouvons arrêter le moteur. Nous tirons des bords au portant sous voile. C'est plus long et moins rapide, mais on est sur un voilier, on privilégie la voile. La vitesse devrait s'améliorer, le vent doit se renforcé.
Un peu avant de passer avant l'Aber Ildut, la mer et Lise se léve. Le bateau se met à faire des mouvements desordonnés. Pour Lise qui vient de se lever et n'a pas encore déjeuner, c'est difficile. Nous sommes toujours vent arrière, vu les conditions de mer et l'état de l'équipage, je me résigne à remettre le moteur et reprendre une route direct et donc plus rapide.

Le phare du Four n'est pas loin, on va changer de cap et donc reprendre la voile. Il faut raccourcir le temps en mer pour les filles. Cette stratégie se repose sur les prévisions météo, mais pas sur la loi des séries ou de Murphy. En effet, en passant le four, nous changeons notre cap de 30°, mais le vent fait de même, comme pratiquement depuis le début des vacances, nous sommes vent complétement arrière.
Dommage de ne pas pouvoir utiliser le spi dans ces conditions, mais l'amure sur le bout dehors est inutilisable, elle se coince réguliérement. Toutes les chances de me retrouver avec un spi qui sera impossible à ramasser.

Je comprends mieux pourquoi le spi a un aspect neuf, avec un tissu encore craquant. Je pigne un peu, soit je suis trop exigent, soit je n'ai pas la même maniere de fonctionner que les anciens propriétaires, mais j'ai du mal avec un bateau qui n'est pas parfaitement fonctionnel. Optimiser un bateau fait parti de me plaisirs de propriétaire, avec celui ci je suis gâté.

Une dixaine de miles avant l'aber Wrach, le vent reprend sa direction initiale, le bateau accélére, nous pouvons repasser en mode voiles seules, enfin. Le bateau accélére encore, nous ratrapons les monocoques devant, nous avancons entre 7 et 9 nds jusque dans le chenal. Le chenal et les alentours sont magnifiques. Les voiles sont affalées juste avant l'entrée du port.

Nous nous amarrons au quai. Une belle avancée sur le parcours aujourd'hui, mais nous avons du retard pour avoir une chance d être à Dives / Mer pour la fin des vacances. Ce soir, nos cousins bretons, il faut de tout pour faire un monde, viennent manger à bord.

Amélie part à la recherche d'une supérette ou supermarché pour faire quelques courses. Elle croise un charmant jeune homme qui lui indique la direction du bourg en lui expliquant que c'est rapide à pied. Amélie part toute guillerette vers le bourg. Après quelques minutes de marche à pied, elle ne voit rien venir et se demande si elle ne s'est pas perdue, après 3km elle arrive devant des commerces ... fermés.
Ben oui, on est dimanche. Dieu que le retour est long et dure quand on est bredouille.
Heureusement, Élisabeth nous propose de nous rapporter quelques trucs.

Quand nos invités arrivent à bord, j'apprends qu'Élisabeth à peur de l'eau. Le passage sur le trampoline est peu anxiogène pour elle.
Installée dans le carré, Élisabeth se détend. Sylver, marin de métier, est dans son élément, Donatien leur fils s'amuse avec les filles.
Après une bière la peur d'Élisabeth disparaît.

Nous passons ensemble une excellente soirée. Comme quoi Bretons et Normands peuvent s'entendre.

Le site est en cours de migration.

Au lieu d'avoir plusieurs sites internet à propos des bateaux que j'ai eu la chance de posséder ou coposséder, je mets tout sur le même site.

Rendez vous maintenant sur Fox Multi

Renard

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